Depuis septembre 2020, Google ne fait plus figurer les requêtes qui n'atteignent pas un volume minimal. La définition officielle du champ parle des termes « qui n'ont pas été recherchés par un nombre significatif d'utilisateurs », et les porte-parole de Google renvoient à des seuils de confidentialité.
L'argument se défend sur le principe. Une requête tapée par trois personnes peut contenir une adresse, un nom ou une pathologie, et ce genre de ligne n'a rien à faire dans un rapport publicitaire.
Deux choses l'affaiblissent. Google ne publie pas le seuil et ne vous dit pas quelle part de votre budget il représente. Et les praticiens documentent des cas sans le moindre enjeu de vie privée : MarlinSEM a recoupé, sur de petites campagnes, ce que leurs prospects avaient tapé en les appelant. Plusieurs fois, le terme masqué était une version raccourcie du mot-clé ciblé. Ils ciblaient « avocat pénaliste » en exact, la personne avait tapé « avocat ».
En pratique, le seuil trie donc sur la fréquence. Une requête rare et rentable disparaît comme une requête rare et absurde. Ne concluez jamais « il n'y a pas de volume sur ce sujet » en regardant les seuls termes visibles, parce que Google masque aussi des requêtes qui convertissent.
Côté ordre de grandeur, Adthena a passé en revue des comptes dans plusieurs pays et trouve 51 % de la dépense associée à des termes rangés dans la catégorie « autres termes de recherche ». Leur relevé montre un compte à cinq millions de livres de budget sans requête en face. Sur les comptes que je pilote en Suisse romande, je retrouve cet ordre de grandeur, plutôt dans le bas de la fourchette : entre un tiers et la moitié de la dépense.